Journée internationale des droits des femmes. Ça gronde, ici comme ailleurs les femmes se lèvent face aux crises.

Québec, le 8 mars 2024, des centaines de militantes et familles ont répondu à l’appel du Regroupement des groupes de femmes (RGF-CN) et marché dans St Roch, pour souligner la journée internationale des droits des femmes.

Cette marche colorée de rouge et orange a mis de l’avant les arts pour dénoncer les crises économique, sociale, climatique et humanitaire. Alliant théâtre de rue, chant, slam, percussions et langue des signes la marche se voulait une représentation de la thématique du 8 mars : « Ça gronde, ça bouillonne et ça fulmine. Ça explosera.»

Les crises actuelles sont exacerbées par la mise à mal de notre filet social. « Les grèves dans le secteur public dont le milieu de l’éducation et de la santé, des secteurs tenus à bout de bras par des femmes, ainsi que la loi 15 adoptée sous bâillon, qui mise sur la privatisation du système de santé, sont autant d’exemples d’un gouvernement de droite qui règle des crises profondes en distribuant des chèques et en misant sur des solutions à court terme, il y a de quoi être en colère! » mentionne Nancy Beauseigle du RGF-CN.

La crise économique actuelle, avec notamment l’inflation et la crise du logement, touche particulièrement les femmes qui sont plus nombreuses à vivre en situation de pauvreté et d’autant plus celles qui vivent de multiples oppressions. Jessica Massé, de ROSE du Nord, dénonce quant à elle la notion de vie maritale à l’aide sociale. « Actuellement, le gouvernement nous « marie de force » en nous déclarant conjoints de fait dès qu’on se rend des services (épicerie, voiture, etc.). Ça fait qu’on se retrouve avec 1 chèque pour 2 personnes, et en plus, c’est un chèque coupé! Les femmes perdent toute autonomie économique! »

Des violences cachées, il y en a toutes sortes, dont celles liées à l’impact de la crise climatique, compte tenu que les femmes sont celles qui sont les plus pauvres et qui s’occupent encore majoritairement des soins et du bien-être de la famille en cas de crise. Les feux de forêt, les fortes chaleurs et les inondations au Québec en 2023 coïncident avec une augmentation des violences envers les femmes. À l’échelle mondiale, les femmes ont 14 fois plus de risque de mourir lors de catastrophes naturelles. « Dans certaines régions, elles doivent marcher de longues heures pour aller chercher de l’eau. Les fillettes sont souvent forcées de quitter l’école et de se marier pour subvenir aux besoins de leur famille qui n’arrivent plus à se procurer la nourriture de plus en plus rare.  Elles paient le prix du manque d’audace des pays pollueurs qui préfèrent se fermer les yeux et se donner bonne conscience avec des projets de capitalisme vert » explique Marilou Dubois, militante féministe.

Le manque de solidarité et de vision des gouvernements sont vrais face à la crise économique, climatique, mais aussi face aux multiples guerres et crises humanitaires à l’international qui visent principalement des civils, donc des femmes et des enfants. En Palestine, plus de 7000 enfants sont morts et l’unique camp de réfugiés de Rafah est menacé d’être attaqué; en Ukraine, une réfugiée sur quatre subit des violences sexuelles ou physiques après avoir fui le pays; en Iran, des femmes se font torturer pour leur liberté. Les pays occidentaux doivent tendre la main à ces civils au lieu de restreindre l’accueil des réfugiés.

Il est évident que ça gronde, ici et partout sur la planète, et que fortes de nos solidarités et de notre indignation, le mouvement des femmes porte ce feu qui peut tout changer pour une société féministe, verte, juste, pacifiste et inclusive.

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