Journée internationale pour les droits des femmes : Générations deboutte ! Féministes deboutte !

Québec, 8 mars 2026 – C’est sous le thème « Générations deboutte » que la population a pris la rue en cette Journée internationale pour les droits des femmes pour dénoncer les forces économiques, politiques et sociales qui tentent de diviser, de restreindre nos droits, de freiner nos avancées. Plusieurs centaines de féministes ont répondu à l’appel du Regroupement des groupes de femmes de la Capitale-Nationale pour affirmer haut et fort qu’elles se tiennent “deboutte” pour une société plus juste, plus égalitaire, plus inclusive, plus verte et plus libre.

Tant que toutes les femmes ne seront pas libres, nous serons en lutte !

L’indignation ici et à travers le monde était palpable. La montée des discours haineux, racistes, misogynes, transphobes, la montée du fascisme et de l’extrême droite sèment une peur et une haine que nous refusons. « Tant que des femmes subiront des avortements clandestins et non sécuritaires, des mutilations génitales, des violences face aux reculs des droits humains sexuelles dans les zones de conflits ou lors de déplacements de population, des mariages forcés, tant qu’elles vivront dans la pauvreté, dans la peur d’être tuées, violées, expulsées de leur pays d’accueil, tant qu’elles subiront de plein fouet les conséquences de la crise climatique et de la biodiversité, tant que l’argent et le profit primeront sur les vies humaines, nous serons deboutte ! », rappelle Anne-Valérie Lemieux Breton, du Regroupement des groupes de femmes de la Capitale-Nationale.

Pendant ce temps, au Québec, alors que certains chroniqueurs et politiciens instrumentalisent les droits des femmes pour faire avancer un agenda de droite, les reculs et attaques sont bien présentes. Le démantèlement des services publics, la banalisation de la crise des féminicides, de la crise du logement, de la crise climatique, de la crise de l’itinérance sont autant de reculs et d’attaques qui ont lieu près de nous. « On peut penser à la Loi 28, qui exclut les travailleuses et les travailleurs des secteurs de la santé, des services sociaux et de l’éducation du régime général de prévention en santé et sécurité du travail. Cette décision perpétue un désavantage historique envers les femmes, puisque cette exclusion frappe de plein fouet des secteurs où elles sont largement majoritaires. D’ailleurs, les organisations syndicales viennent de déposer des contestations constitutionnelles devant la Cour supérieure. Parlant de constitution, si l’on peut se réjouir du retrait de l’article sur le droit à l’avortement du projet de constitution du Québec actuellement à l’étude, on peut se poser des questions sur l’accès réel des femmes au droit à l’avortement faute de financement adéquat. La liste est longue et on pourrait continuer longtemps à donner des exemples et c’est bien pourquoi nous disons que, plus que jamais, il faut faire front pour les femmes », ajoute Mélanie Pelletier, du Conseil central de Québec–Chaudière-Appalaches (CSN).

Action d’éclat pour dénoncer l’explosion du coût de la vie

Les 6 mars, en soirée, des dizaines de féministes ont pris d’assaut une épicerie “Métro” du quartier St-Roch.  Sur l’air de la chanson « Siffler en travaillant » du film de Blanche-Neige, elles ont dénoncé l’explosion du coût de la vie et les profits des grandes entreprises. « Comment se fait-il que la rémunération des hauts dirigeants de Metro ait atteint 16,3 millions de dollars en 2025, une hausse de 15,9 % alors que les femmes doivent choisir entre s’acheter des tampons et une canne de maïs, alors que les banques alimentaires doivent répondre à 3 millions de demandes d’aide mensuellement ? », s’indigne Anne-Valérie Lemieux Breton.

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Le RGF-CN regroupe des groupes de femmes de la région de la Capitale-Nationale et travaille à la défense collective des droits et des intérêts de toutes les femmes, l’égalité des femmes entre elles et l’amélioration des conditions de vie.

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