Québec, 20 mai 2026 – Réunis en assemblée générale, les membres du Regroupement des groupes de femmes de la région de la Capitale-Nationale (RGF-CN) veulent attirer l’attention du public sur le bilan déplorable de l’année en termes de protection de l’environnement et lutte contre la crise climatique. Nous sommes préoccupées par la charge mentale verte qui pèse sur les femmes ainsi que les nombreux impacts sur la santé, conséquences des choix politiques pris – et non pris – par les personnes élues. La santé physique et mentale des personnes n’est pas un service marchandable, privatisable, à grand coup de réformes coûteuses. Le gouvernement du Québec se félicite de mesures d’harmonisation avec Santé Québec, se berce d’illusions d’efficacité avec ses multiples virages numériques, mais le droit à la santé et l’accès au système de soins, eux demeurent hautement problématiques.
En plus des coupures déguisées et des dénis de droits aux personnes migrantes à statut précaire, une grande lacune actuelle est la prise en charge de la santé mentale. Selon ses propres statistiques, « la proportion de femmes à avoir une perception positive de leur santé mentale était moins élevée que celle des hommes (60 % c. 64 %). Une telle différence entre les genres a également été observée en 2022 et en 2023. » – Vitrine statistique sur l’égalité entre les femmes et les hommes
Après la crise sanitaire, qui avait amené son lot de détresse psychologique, la crise climatique et écologique devrait sérieusement faire l’objet d’attention politique. Pendant que les différents paliers de gouvernements et municipalités allègent les fardeaux des entreprises, octroient des permis et négocient des dépassements de limites de polluants, des personnes s’impliquent dans leurs communautés, réduisent leur consommation, imaginent des alternatives. Parce qu’elles luttent contre des multinationales et des lois laxistes, ces personnes, parmi lesquelles de nombreuses femmes, s’épuisent.
Le sentiment de culpabilité et d’impuissance est grand parce que le soin de l’environnement est en grande partie individualisé plutôt que pris en charge par des mesures collectives. C’est pourquoi nous demandons aux décideurs et décideuses des mesures concrètes pour réduire la charge mentale qui pèse sur les femmes. En effet, assignées au travail domestique et au soin des proches, pendant des siècles, les femmes ont développé des savoir-faire, des habiletés, des perceptions qui représentent une grande richesse pour l’humanité. Ces compétences se reflètent dans les milieux militants. Les luttes sociales et écologiques sont investies par les femmes parce qu’elles sont collées aux conséquences.
On peut diminuer les conséquences négatives de cette charge mentale verte sur les femmes. L’enjeu est collectif et c’est pourquoi nous interpellons les décideurs et décideuses à s’engager pour:
- Simplifier les choix d’achats en éliminant des produits nocifs du marché.
- Augmenter et démocratiser des solutions d’entraide et de partage de biens et services.
- Arrêter des projets qui détruisent l’environnement et la biodiversité.
- Normaliser le travail de soin assumé par les hommes.
- Améliorer des services et prendre en compte la charge mentale verte dans des politiques publiques et des aménagements.
Pour un vrai droit à la santé, incluant la santé mentale et le droit de vivre dans un environnement sain, il reste beaucoup de chemin à faire. Parlons de charge mentale verte !
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