Journée pour la justice sociale : 40 ans de négligence… et on s’étonne de l’urgence?

Lettre ouverte

L’heure est au bilan à l’occasion de la Journée internationale pour la
Justice sociale qui aura lieu dimanche. Force est de constater que l’écart
entre les riches et les personnes appauvries se creuse et atteint des
proportions indécentes. Les personnes racisées, les femmes et les personnes
ayant des problèmes de santé physique ou mentale sont touchées de plein fouet.
Le filet social ne parvient plus à toutes les retenir, ni à fournir les
services de base nécessaires à l’ensemble de la population. Il est troué de
partout. Il devient urgent de le réparer !

Depuis deux ans, de nombreux problèmes – qui ne datent pas d’hier! – sont
devenus critiques, que ce soit le manque de places en garderie, la difficulté à
se trouver un logement abordable, la pénurie de main d’oeuvre, l’essoufflement
du système de santé, le manque de ressources des groupes d’action communautaires
ou encore celui du milieu scolaire. La crise de la COVID-19 n’est que le
révélateur d’une problématique beaucoup plus grave: l’effritement volontaire
des services publics depuis les 40 dernières années.

En effet, les gouvernements successifs des dernières décennies ont saboté le
filet social. Ce même filet social, qui empêchait les personnes ayant des «
embûches de vie » de sombrer dans la pauvreté (p.ex une mère qui devient cheffe
de famille monoparentale après une séparation, une personne victime d’un
accident qui ne peut plus travailler, etc.), n’a pas été comblé par les «
richesses » créées, qui sont restées dans les poches des plus riches. Les
gouvernements ont diminué les impôts des plus riches et des entreprises, se
privant ainsi de millions de dollars à investir dans les services publics. Ils
ont coupé dans les services en santé et en éducation (éducation spécialisée,
psychologie, orthophonie, physiothérapie, etc.) au nom de la dette et au profit
du privé, sans jamais mettre en place des mesures concrètes pour colmater les
fuites de capital dans les paradis fiscaux. Puis, le sabotage a continué avec
l’investissement massif vers les métiers traditionnellement masculins
(construction, ressources naturelles, etc) au détriment des métiers traditionnellement
féminins (infirmière, enseignante, éducatrice, etc.). En dévalorisant ces métiers
de soin, cela a sans aucun doute contribué à affaiblir le filet social.

Les inégalités sociales et l’effritement des services publics, parapublics et
communautaires ne sont pas des fatalités. Nous avons le pouvoir de nous
mobiliser et d’exiger d’autres choix politiques, de prioriser le bien commun à
l’accroissement des richesses de quelques-uns! À l’aube d’une crise
environnementale qui aura de nombreuses conséquences sur nous tous-tes, c’est à
nous de décider et de nous mobiliser pour la justice sociale.

Marie-Ève Fortier, Regroupement d’éducation populaire en action communautaire
des régions de Québec et de Chaudière-Appalaches
Judy Coulombe, Regroupement des groupes de femmes de la région de la Capitale
Nationale

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