
Québec, décembre 2025
Partout au Québec, des groupes communautaires en défense collective des droits (DCD) traversent une période de grande instabilité financière. Ces quelque 350 groupes ont pour mission de protéger les droits de la population : le droit au logement, le droit à un revenu décent, le droit à la santé, la liberté de parole, etc. Pour les personnes qui vivent en situation de grande précarité, les groupes de DCD sont souvent le dernier recours pour être entendus et défendus. On y travaille de façon non partisane, avec et pour les personnes concernées, à comprendre, à vulgariser et dénoncer les causes des problèmes sociaux, dans le but de les enrayer. Une société comme le Québec, qui s’appuie sur la démocratie et l’État de droit, doit mettre en place les ressources pour que la population puisse exprimer des désaccords et contester des décisions des gouvernements qu’elle considère injustes ou abusives.
Malgré son rôle fondamental, le secteur de la DCD est depuis des années gravement sous-financé, tellement sous-financé qu’actuellement la survie de nombreux groupes est menacée. Comme si leur situation précaire ne suffisait pas, l’actuel projet de loi 7 de la CAQ remet en question le modèle québécois du financement des groupes de défense de droit en supprimant la structure indépendante chargée d’éviter les conflits d’intérêts et protéger l’autonomie politique des organismes dans l’attribution des fonds. Apparemment le premier ministre Legault et la ministre Duranceau n’aiment pas les groupes qui osent contester leurs politiques.
C’est face à cette situation alarmante que les groupes ont voté pour une campagne de mobilisation qui culminera en février par des journées rotatives de grève du 2 au 6 février dans toutes les régions du Québec. La revendication phare de cette grève, c’est un rehaussement et l’indexation annuelle de leur financement à la mission.
L’urgent besoin d’un réinvestissement dans leur secteur de l’action communautaire autonome est clair, et l’appui de la population aux groupes communautaires de défense des droits est essentiel. Parce que la défense des droits, c’est une question de démocratie, une question de droits et de vivre-ensemble. On ne peut pas s’en passer. Et ça se défend collectivement!
Les groupes de Québec et Chaudière-Appalaches lanceront le bal en fermant les organismes le 2 février pour toute la journée.
Signataires
| Élise Landriault-Dupont | Regroupement des groupes de femmes de la région de la Capitale-Nationale |
| Marianne Gagné | AmiEs de la Terre de Québec |
| Vania Wright-Larin | Regroupement d’éducation populaire en action communautaire des régions de Québec et Chaudière-Appalaches |
| Wafa Zribi | Corporation de défense de droits sociaux de Lotbinière |
| Mélanie Pinault | AQDR Lévis-Rive-Sud |
| Marie-Ève Picard | Aide aux Travailleurs Accidentés |
| David Lee C. Riopel | Association coopérative d’économie familiale de Québec |
| Sophie Tremblay-Bouchard | Collectif pour un transport abordable et accessible à Québec |
| Nicole Dionne | Bureau d’animation et information logement du Québec métro (BAIL) |
| Olivier Amiot | Action Chômage de Québec |
| Marie-Joëlle Hotte | Association pour la défense des droits sociaux Québec Métropolitain |
| Serge Petitclerc | Collectif pour un Québec sans pauvreté |
| Alexane Pronovost | Alter Justice |
| Gabrielle Verret | Comité populaire Saint-Jean-Baptiste |
| Chantal Gariépy | Clinique d’accompagnement juridique Droit de cité |
| Laura Nadeau | Réseau des groupes de femmes Chaudière-Appalaches |
| Josyanne Proteau | Ligue des droits et libertés – Section de Québec |
| Rosalie Audet-Paradis | Association Coopérative d’Économie Familiale – Appalaches Beauce Etchemins (ACEF-ABE) |
