Lutte contre le racisme l’heure est au bilan

Québec, 4 mars 2023. Une dizaine de groupes communautaires dont les enjeux touchent le racisme de près ou de loin se questionnent sur les actions mises en place par les différents paliers de gouvernement (municipal, provincial et fédéral) pour lutter contre le racisme. Ces groupes invitent les gouvernements à rendre des comptes sur leur propre bilan d’ici la semaine d’action contre le racisme qui a lieu du 21 au 31 mars.

Un gouvernement municipal qui se ferme les yeux

Alors que l’ancien maire de Québec, Régis Labeaume, a reconnu l’existence du racisme systémique en 2020 dans la foulée de l’affaire George Floyd, l’administration Marchand n’a jusqu’à maintenant pas parvenue à développer et à appliquer une approche cohérente et efficace en termes de lutte au racisme. Il faut dire que, déjà, l’approche antiracisme de Labeaume avait commencé à atteindre ses limites. En effet, « l’experte » qu’il avait embauchée, Iréna Florence Harris, brille par son absence dans l’espace public et sur le terrain depuis son arrivée. Sans compter que la consultation lancée en 2021, par Régis Labeaume, avait refusé de traiter de la question du profilage racial et du racisme systémique. L’administration Marchand a toutefois accentué la transformation de l’élan antiraciste en une insignifiante politique de vivre-ensemble. En effet, lorsqu’elle fût confronté à un scandale policier à l’automne 2021 révélant encore une fois la présence de profilage racial, la Ville de Québec a tourné le dos à la possibilité de mener une enquête statistique sur l’ethnicité des personnes interpellées pour privilégier le déploiement d’un Plan de développement pour de meilleures pratiques policières fondé sur l’amélioration des « compétences culturelles ».  Bref, la Ville de Québec tente de régler par la culture ce qui ne peut être réglé que par le traitement égal de chaque citoyen.ne par les institutions.

Un gouvernement provincial qui ajoute de l’huile sur le feu

En 2020, le ministre responsable de la lutte contre le racisme s’était donné 5 ans pour appliquer l’ensemble des actions déposées par le Groupe d’action contre le racisme. Force est de constater que le gouvernement a lamentablement échoué. Que ce soit par l’absence de règlement exigeant la fin des interpellations sans motif dans l’espace publique, le refus de reconnaître l’existence du racisme  systémique et d’adopter le Principe de Joyce ou lutter contre les discriminations dans l’accès au logement, les groupes de défense collectives des droits ne constatent aucun engagement ferme. Pire encore, alors que le gouvernement avait annoncé qu’il serait exemplaire dans sa lutte contre le racisme, il se retrouve à alimenter les pires préjugés notamment en répétant dans les médias que l’identité québécoise est menacée par l’immigration. C’est pourtant ce gouvernement qui est une réelle menace à la fierté québécoise en discriminant les enfants de demandeurs-ses d’asile d’avoir accès à nos garderies subventionnées ou en accusant les personnes immigrantes d’aggraver la crise du logement. Bref, le gouvernement failli à son engagement de lutter contre le racisme. Vous avez un doute? Je vous met au défi de nommer le ministre responsable de la Lutte contre le racisme.

Un gouvernement fédéral loin de l’image qu’il projette

Les milieux syndicaux et communautaires critiquent depuis des années le programme des travailleurs étrangers temporaires pour les abus qu’il engendre. Cet automne, la pression est montée d’un cran alors qu’un rapport des Nations Unies dénoncait un danger d’esclavage moderne: les critiques sont maintenant au niveau de la communauté internationale. Alors que les histoires d’abus ne cessent d’apparaître sporadiquement dans les journaux, le gouvernement libéral ne peut garder le statu quo. Alors qu’il a été élu sur la base d’un programme nominalement pro-immigrant, les faits pointent dans une autre direction. En plus des abus de travailleurs étrangers temporaires, le mandat libéral aura été marqué aussi par un faible bilan humanitaire: la fermeture du chemin Roxham pousse maintenant les demandeurs d’asile vers des voies plus dangereuses, et l’accueil de réfugiés Palestiniens est entravé par des processus bureaucratiques insurmontables.

Les groupes communautaires organisent une marche populaire pour faire état du bilan des différents paliers gouvernementaux le 23 mars prochain à 12h30 et demander des actions pour lutter contre le racisme.

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