Marche de commémoration contre les violences faites aux femmes

Québec, le 6 décembre 2023-   En ce 6 décembre, jour anniversaire de la tuerie de Polytechnique qui a fait 14 femmes victimes en 1989, le Regroupement des groupes de femmes de la région de la Capitale-Nationale (RGF-CN) a organisé une marche commémorative contre les féminicides et les violences faites aux femmes.   Les féministes en ont aussi profité pour souligner les féminicides qui ont eu lieu en 2023.  « Aujourd’hui nous nous recueillons pour rendre hommage à toutes ces femmes qui perdent la vie parce qu’elles sont des femmes. Nous voulons nous rappeler d’elles. Elles resteront dans nos mémoires », souligne Catherine Gauthier, co-coordonnatrice du RGF-CN. La marche qui a réuni une centaine de militantes, citoyennes et citoyens ce midi visait à briser le silence, et exiger du gouvernement de faire de la lutte aux violences faites aux femmes une priorité.

Violences et féminicides

Les femmes aux intersections de plusieurs systèmes d’oppression tels les femmes immigrantes, les femmes autochtones, celles en situation de handicap, les jeunes femmes, les femmes des communautés LGBTQIA, les femmes âgées, en situation d’itinérance, en situation de dépendance économique, et les femmes que la société racise sont parmi les plus à risque de subir une ou plusieurs formes de violences.    Selon l’observatoire des féminicides, une femme est tuée aux deux jours et demi au Canada. Parmi ces femmes, une sur trois est une femme autochtone, bien que la population autochtone ne représente que 5% de la population.

De la violence genrée

Malgré toutes les avancées vers l’égalité au Québec, si les violences et les féminicides continuent, c’est que les racines du patriarcat sont encore bien ancrées dans notre société et trouvent de multiples façons d’encourager et perpétuer des rapports de pouvoir et de domination sur les femmes.   Qu’elles se véhiculent autrement, à travers des discours de droite et d’extrême droite, du sexisme, des réseaux sociaux, de la pornographie, etc.   

Pour combattre le fléau des violences envers les femmes, c’est tout un système qu’il faut changer!  Pour ce faire, il faut que le gouvernement prenne sa part de responsabilité afin de combattre le patriarcat qui crée de la violence envers les femmes. C’est aussi par la prévention et la sensibilisation que nous arriverons à changer ce système. Pour se faire, il faut que le gouvernement prenne des engagements clairs pour lutter contre les violences sous toutes leurs formes dont les violences systémiques.

97 millions de $ pour le Québec

Le RGF-CN accueille favorablement l’annonce des 97 millions qui ont été injectés au Québec de la part du fédéral pour lutter contre les violences conjugales et sexuelles. «Nous sommes impatientes de voir comment sera distribué cet argent. Nous souhaitons que cet argent soit bien investi soit en soutien et accompagnement des victimes par un meilleur financement des ressources qui leur viennent en aide, et en prévention, promotion et sensibilisation.  Actuellement, les ressources pour femmes en ont plein les bras!  Juste ici pour notre région, les maisons d’hébergement de première et deuxième étape peinent à répondre aux nombreuses demandes.  Même son de cloche du côté des CALACS qui ont approximativement 6 mois de liste d’attente», déclare Geneviève Boily,  responsable de l’intervention au CALACS de Charlevoix. 

La lutte contre les violences est une lutte de tous les jours contre les rapports de domination, le sexisme, le racisme et le capacitisme.   C’est toute la société qui doit s’impliquer!  

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Le RGF-CN regroupe des groupes de femmes de la région de la Capitale-Nationale et travaille la défense des droits et des intérêts de toutes les femmes, l’égalité des femmes entre elles, l’amélioration des conditions de vie.

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